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Football : à qui appartient Carlos Tevez ?

Dans un article très précis, The Guardian lève le voile sur un des secrets les mieux gardés de la Premier League : à qui appartient Carlos Tevez ?

Car l’attaquant de Manchester City est dans une situation particulière, ses « droits économiques » étant la propriété de riches hommes d’affaires. Et même si ceux-ci affirment que le joueur n’est jamais transféré sans son accord plein et entier, les mouvements ne sont pas vraiment très clairs.

Tout commence en janvier 2005 quand, après trois saisons du côté de Boca Juniors, Carlos Tevez rejoint les Corinthians. Le club venait d’être racheté par Media Sports Investments [MSI], une société aux investisseurs flous basée dans un paradis fiscal, les Îles Vierges britanniques. Le 17 décembre 2004, soit un mois avant son transfert, Carlos tevez avait d’ailleurs cédé 35 % de ses « droits économiques » à Media Sports Investments.

Des transferts de « droits économiques » complexes

Comme le révèle The Guardian, qui a eu accès à des dossiers confidentiels, la société était alors géré à 100 % par l’homme d’affaires géorgien Arkady Patarkatsishvili, ajourd’hui décédé, lui qui avait fait fortune après l’effondrement du bloc soviétique.

Le 7 février 2006, MSI rachète, pour 22 millions de dollars, l’ensemble des « droits économiques » de Carlos Tevez. La société avait auparavant tenté de racheté West Ham mais l’opération avait capoté. Les deux structures étaient tout de même restées proches, ce qui a permis à Carlos Tevez d’atterrir dans l’Est de Londres [avec un transfert de 12 millions de £ à la clef] avec son compatriote Javier Mascherano, lui aussi propriété de diverses sociétés.

Mais la ligue anglaise s’agace que ses clubs payent des sociétés offshores afin d’engager des joueurs et interdit la pratique, qui permettait une taxation réduite et des mouvements d’argent suspect. Et, en juillet 2007, Arkady Patarkatsishvili en profite pour refiler Carlos Tevez à un de ses associés, Kia Jooarabchian, pour 24 millions de £.

Celui-ci parvient à louer les services de l’attaquant à Manchester United, moyennant 3 millions de £ par an, avant un transfert vers Manchester City, en 2009. C’est alors le propriétaire du club, Mansour bin Zayed Al Nahyan, qui hérite des droits économiques de l’Argentin contre 45 millions de £.

Désormais, Carlos Tevez est libre, ou presque

Aujourd’hui, Carlos Tevez est revenu dans une situation plus classique puisqu’il n’appartient plus à un homme d’affaires indépendant, ni même à une société, mais à son club, bien que peu de joueurs cèdent complètement leurs « droits économiques ». Si un club veut engager l’attaquent des Citizens, il lui faut donc racheter ces droits, un point de détail qui complique les choses et rend un transfert délicat, malgré les velléités de départ de Carlos Tevez.

La situation, ubuesque, a été mis au jour car Boris Berezovsky, un ancien associé d’Arkady Patarkatsishvili, veut récupérer 50 % de ce que possédait son ancien collaborateur. Et notamment les bénéfices de la vente de Carlos Tevez. Longtemps, cet autre oligarque russe a caché ses investissements dans les sociétés étrangères par peur de représailles de la part de Vladimir Poutine et du Kremlin.

Mais, aujourd’hui, il estime être en droit de réclamer ces sommes, expliquant avoir été un des dirigeants de MSI en secret. Ce que l’autre camp, évidemment, nie.

Ce qui est certain, par contre, c’est que beaucoup de monde s’est fait de l’argent sur le dos de Carlos Tevez. Et pas qu’un peu.

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