Mai 1997. La date a été marquante dans le monde des échecs et dans le rapport de force entre humain et ordinateur. Garry Kasparov, champion du monde d’échecs, perd contre « Deep Blue », un super ordinateur créé par IBM. La machine est-elle devenue plus intelligente que l’homme ?

Comment un ordinateur qui avait été facilement vaincu en 1996 et qui ne montrait aucune stratégie, se contentant de répondre au coup par coup, a-t-il pu battre le maître incontesté des échecs de l’époque ? Et surtout, comment a-t-il pu imaginer ce sacrifice à la fin de la deuxième partie qui a totalement perturbé Garry Kasparov ? Selon un des ingénieurs de la machine, c’était simplement dû à un bug…

Une imprévisibilité supposée de la machine qui venait d’un bug…

Pour son livre The Signal and the Noise, le statisticien Nate Silver a interrogé Murray Campbell, un des trois créateurs de « Deep Blue » au sujet de ce fameux coup, un sacrifice tellement raffiné que personne n’imaginait une machine capable d’y penser. En fait, Murray Campbell explique que l’ordinateur ne pouvait pas choisir un coup parmi une liste et qu’il y a eu un bug dans le programme, qui avait d’ailleurs été corrigé avant la troisième manche.

La machine n’a donc eu qu’un coup de chance, mais cela a déstabilisé Garry Kasparov pour le reste du duel. Après avoir perdu cette partie, sa vision de son adversaire avait ainsi totalement changé. Alors qu’il n’y voyait qu’une machine répondant à ses coups, sans stratégie, il commençait à penser chaque coup comme le début d’un piège et se montrait extrêmement prudent. Finalement, il a donc perdu la rencontre (1 victoire, 3 nulles, 2 défaites).

Depuis, Garry Kasparov et Vladimir Kramnik, son successeur, n’ont plus battu de machines, finissant généralement à égalité. Peut-être parce que les humains ont pris peur face à l’imprévisibilité de l’ordinateur, qui n’était donc due qu’à un bug.

Source : Wired

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